Rentrée littéraire #3 : ce que je mets dans mon panier

Amies lectrices, amis lecteurs, j’aimerais attirer votre attention aujourd’hui sur un véritable fléau totalement méconnu : le casse-tête de la rentrée littéraire pour tout amoureux des livres qui se respecte. Ce foisonnement de romans, de récits, de recueils de nouvelles qui se pressent les uns contre les autres nous met toutes et tous face à pléthore de dilemmes : opterai-je pour le nouvel Eric-Emmanuel Schmitt ou me risquerai-je à lire le 1er roman de cette auteure prometteuse dont tout le monde parle ? Tenterai-je un nouveau genre littéraire encore inexploré ou me cantonnerai-je à une ou deux valeurs sûres ?

Je me trouve, comme vous, fort dépourvue une fois la rentrée venue. Chacun ses trucs et astuces pour faire le tri parmi les 560 ouvrages de cette rentrée littéraire de septembre 2016. J’ai choisi pour ma part de me fier au magazine Lire spécial rentrée littéraire et j’ai écouté les premiers conseils de François Busnel qui décortique, chaque jeudi soir, les meilleurs ouvrages dans sa Grande librairie. Après une terrible bataille où j’ai livré choix cornélien sur choix cornélien, je vous parle aujourd’hui des ouvrages que je mets dans mon panier pour cette rentrée. Suivez le guide !

  • Petit pays de Gaël Faye

petitpaysRésumé de l’éditeur : En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles : le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

Pourquoi je le mets dans mon panier ? Gaël Faye est partout en cette rentrée. Slameur, auteur-compositeur, poète… Gaël Faye a une nouvelle flèche à son arc puisqu’il signe désormais son premier roman. Je le mets sur ma liste grâce à la première phrase de son roman, qui me semble être la promesse d’un récit très poétique, malgré la violence et la guerre :

« Il m’obsède, ce retour. Pas un jour sans que le pays ne se rappelle à moi. Un bruit furtif, une odeur diffuse, une lumière d’après-midi, un geste, un silence parfois, suffisent à réveiller le souvenir de l’enfance. » Gaël Faye, Petit pays

  • Chanson douce de Leïla Slimani

chansondouceRésumé de l’éditeur : Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Pourquoi je le mets dans mon panier ? Grande amatrice de thrillers, je ne résiste pas à la curiosité de découvrir celui-ci. Un huis clos qui promet d’être terrifiant, déroutant, bouleversant. J’attends beaucoup de cette auteur nominée pour le Goncourt ! Elle était à la Grande librairie le 8 septembre, jetez-y un oeil !

  • Station Eleven d’Emily St. John Mandel

stationelevenRésumé de l’éditeur : Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord. Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

Pourquoi je le mets dans mon panier ? Autant le visionnage d’une série comme The Walking Dead m’est à peu près impossible si je ne souhaite pas faire de cauchemars pendant une année entière, autant la lecture d’un roman sur la fin du monde me met l’eau à la bouche. Les voitures abandonnées, les villes fantômes, les survivants qui tentent de se recréer une existence qui a du sens… Je dis oui !

  • Comment tu parles de ton père de Joann Sfar

commenttuparlesdetonpereRésumé de l’éditeur : « Papa est né l’année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933. C’est l’année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness. C’est l’année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans. Mon père, c’est pas rien. » Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir un père comme André Sfar. Ce livre pudique, émouvant et très personnel, est le Kaddish de Joann Sfar pour son père disparu. Entre rire et larmes.

Pourquoi je le mets dans mon panier ? Cette interview publiée sur le site du magazine Elle m’a donné envie de « goûter » l’écriture de Joann Sfar. On en dit beaucoup de bien, j’aimerais m’en faire ma propre idée. Et puis c’est forcément quelqu’un de bien, il a une grosse minette comme la nôtre !

  • Livre pour adultes de Benoît Duteurtre

livrepouradultesRésumé de l’éditeur : « Ce livre est inspiré par la mort de ma mère, qui croyait à la joie de vivre. J’y dépeins aussi les transformations d’un village de montagne, quelques vieilles dames extraordinaires et les péripéties d’une journaliste dans la société contemporaine. Beaucoup de femmes dans ces histoires ; beaucoup de questions sur la naissance et sur le déclin. La disparition de nos proches souligne cette double réalité de l’âge adulte : tandis que nous courons à l’abîme, le monde où nous avons grandi s’efface lui aussi. Ces réflexions traversent un roman très libre, tour à tour comique et mélancolique. L’autobiographie s’y conjugue à l’essai et à la fiction pour cerner notre destin – et les joies qui éclairent cette fatalité. » Benoît Duteurtre

Pourquoi je le mets dans mon panier ? J’ai lu il y a quelques mois L’été 76 de Benoît Duteurtre et j’ai été littéralement bluffée par la capacité de cet auteur de faire tout un roman sur la vie somme toute assez banale d’un adolescent havrais. Je me suis laissé bercer du début à la fin. Je suis assez curieuse de voir si l’auteur renouvelle cet exploit avec ce nouvel ouvrage.

  • 14 juillet d’Eric Vuillard

14juilletRésumé de l’éditeurLa prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

Pourquoi je le mets dans mon panier ? Je ne suis pas très fan de roman historique, j’ai souvent le sentiment que l’auteur essaie d’étaler des tartines de connaissances en oubliant presque qu’il est en train d’écrire un roman. Les critiques du récit d’Eric Vuillard sont néanmoins très bonnes, une belle occasion de renouer avec l’histoire ?

 

  • Laëtitia ou la Fin des hommes d’Ivan Jablonka

laetitiaRésumé de l’éditeurDans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d’être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s’est transformé en affaire d’État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue. Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille et les acteurs de l’enquête, avant d’assister au procès du meurtrier en 2015. Il a étudié le fait divers comme un objet d’histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.

Pourquoi je le mets dans mon panier ? Vous commencez sans doute à cerner quelques-uns de mes goûts littéraires et vous savez certainement que je n’ai pas peur des récits qui bouleversent et qui racontent la noirceur, l’horreur du monde. Le sujet du récit d’Ivan Jablonka me touche et je salue l’hommage que l’auteur souhaite rendre à une jeune femme que la France entière connaît sans savoir qui elle était réellement.

Ma sélection est ainsi faite, chers amis ! Dans un monde idéal toutefois, j’aimerais pouvoir tout lire ou presque de cette rentrée littéraire, alors surtout parlez-moi des ouvrages sur lesquels vous avez jeté votre dévolu, que nous puissions échanger sur les plus belles trouvailles ! Et comme toujours, lisez, lisez et relisez ! Bonne semaine les amis !

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