True story : comment Delphine de Vigan m’a donné envie d’écrire

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Au fond, c’est un peu comme une claque. Un livre qu’on ouvre, sans savoir, sans imaginer, sans penser que, et puis au fil des pages ça monte, ça grandit, ça grossit, ça enfle. On lit d’abord, puis on absorbe, on gobe, on dévore. On s’accroche, on s’attache, on est pieds et poings liés à cette histoire qui nous chamboule, qui nous bouleverse, qui fait tout chavirer. Quand on referme le livre, quand la lecture est finie : tout a changé. Mais pourquoi on ne l’a pas écrit ce roman-là ? Pourquoi on n’a pas eu l’idée, l’audace, l’opportunité, le courage peut-être, de tout laisser en plan et de créer ces personnages, cette histoire, cette rencontre, cette intrigue ?

Lire Delphine de Vigan, c’est toujours troublant, ça réveille des émotions, ça soulève les meubles, ça va chercher la poussière dans les petits coins noirs. Mais lire D’après une histoire vraie, c’est vouloir mettre un avant et un après dans sa vie. Amies lectrices, amis lecteurs, je ne vous cacherai rien : j’ai eu un énormissime coup de foudre pour le Prix Renaudot 2015. J’avais tardé à le lire (je vous en parlais déjà ici), pressentant une perle et craignant une déception après le succès de Rien ne s’oppose à la nuit. Le résultat est au-delà de toute espérance : une bombe qui donne envie de lire, d’écrire, de relire et d’écrire encore. Vous hésitiez ? Je tâcherai d’achever de vous convaincre !

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Delphine est romancière. Alors qu’elle se remet à peine des vives émotions causées par la sortie de son dernier roman à succès, largement inspiré de l’histoire de sa famille, Delphine a l’angoisse de la page blanche. Que faut-il écrire après « ça », ou plutôt que peut-on écrire après un livre pareil ? Delphine doute et les lettres de menaces anonymes qu’elle reçoit régulièrement ne font que creuser la blessure un peu plus profondément. Delphine est bloquée, elle n’écrit pas. Quand on est écrivain et qu’on n’écrit plus, qui devient-on ? 

Lors d’une soirée à laquelle elle s’est rendue seule – son conjoint, un certain François, est certainement en train de préparer une célèbre émission littéraire -, elle fait la connaissance de « L. ». L. est tout ce que Delphine n’est pas : belle, sûre d’elle, féminine, envoûtante. Si envoûtante que le coup de foudre (amical) entre les deux femmes est immédiat. L. écoute si bien, comprend mieux encore. Après des rencontres plus ou moins fortuites, Delphine et L. deviennent inséparables. L. a du temps, elle travaille en freelance, elle est plus disponible que les autres amies de Delphine, elle se trouve d’ailleurs toujours au bon endroit, au bon moment, prête à secourir la romancière de toutes ses maladresses.

Peu à peu, l’ambition de L. devient claire. Elle a une idée fixe pour Delphine : la pousser à écrire LA seule littérature qui vaille : la vérité, rien que la vérité. Le reste n’est que foutaises, perte de temps. A mesure que L. insiste et gagne du terrain dans la vie de Delphine, celle-ci perd toute capacité à écrire. Se tenir devant l’ordinateur devient une torture, avoir un stylo en main un obstacle insurmontable.

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Delphine devrait tiquer, tant certains détails sont troublants, mais elle ne voit pas, ou choisit de ne pas voir. Plus elle s’enfonce, plus nous, lecteurs, sommes chamboulés. L’écriture est tellement vraie, tellement emprunte d’effets de réel, qu’on ne sait plus très bien où sont l’endroit et l’envers. Les mots s’enchaînent comme des vérités qu’on assène. Qui est L. ? Que veut-elle ? Aider Delphine ou lui voler le peu de substance littéraire qu’il lui reste ?

Delphine de Vigan est époustouflante à ce petit jeu, elle nous balade du début à la fin. La tension monte, n’en finit plus de monter et l’on se prend à avoir soi-même quelques sueurs froides, d’autant qu’elle sème des indices autobiographiques tels un Petit Poucet qui cherche à nous rappeler que la frontière entre le réel et la fiction n’est jamais très nette et qu’on peut être à la fois dans l’un et dans l’autre.

D’après une histoire vraie, c’est donc à la fois la vraie vie, mais aussi un thriller psychologique, un roman à la Stephen King, une autobiographie, une autofiction… On ne sait plus très bien, au fond, ce qu’il en est. C’est toute la beauté de la littérature, ça chahute et ça remue.

Alors n’attendez plus pour vous y mettre et surtout dites-moi ce que vous en avez pensé ! Bon week-end les amis, lisez, lisez et relisez !

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3 réflexions sur “True story : comment Delphine de Vigan m’a donné envie d’écrire

  1. Ah la la je comprends tellement ton envie d’écrire et ce dépit de ne pas réussir à le faire « vraiment » …
    Parfois je me dis que la vie n’est pas (toujours) si mal faite et que ca viendra … ou pas !
    Bonne continuation!

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    1. J’y crois aussi, je te souhaite que l’inspiration vienne !! En attendant, ça ne peut pas faire de mal de lire, je suis sûre que ça remplit la jauge d’inspiration et qu’un jour ça aidera à ce que les mots coulent tout seuls !

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  2. Je partage avec toi cette farouche volonté d’ecrire.
    Par contre, j’ai réellement été déçue par « d’après une histoire vraie ». Je suis littéralement passée à côté.

    Aimé par 1 personne

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