Le livre à lire quand on n’ose pas (encore) aller en Inde

Amies lectrices, amis lecteurs, je tiens d’abord à vous présenter toute l’ironie de la situation présente. Je tente de boucler mon article sur « le roman de l’Inde contemporaine », de vous faire ressentir ne serait-ce qu’un centième du voyage intérieur que j’ai pu faire en le lisant, de vous mettre l’eau à la bouche en vous parlant tandoori et chapati alors que je me trouve très confortablement installée face à la piscine de notre hôtel à Singapour. Autant dire qu’il va falloir convoquer les grands esprits de la visualisation pour vous vendre l’affaire de manière à peu près satisfaisante.

D’autant que celles et ceux qui me connaissent savent que je suis à peu près aussi aventurière qu’un bigorneau. J’ai trouvé en la matière un terrain de jeux tout à fait à ma mesure à Singapour : réserves naturelles aux sentiers régulièrement parsemés de panneaux de bois indiquant le nombre de mètres parcourus et la distance jusqu’au prochain MRT, tree-top walks sponsorisés par HSBC : l’aventure pour les nuls, volume 1. C’est là que la littérature fait des merveilles. Envie d’aller en Inde, sans aller en Inde ? Ou envie de découvrir l’Inde avant d’aller tâter le terrain vous-même ? J’ai très précisément ce qu’il vous faut.

[NDLR : j’avais commencé cet article il y a fort fort longtemps, aussi me pardonnerez-vous l’incohérence chronologique : les photos ont été prises à la maison bien avant le départ à Singapour.]

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Souvenez-vous, ma chère sœur m’avait lancé un défi il y a des mois sur son blog Le labo de Lala. Me confectionnant un magnifique « bouquiniste », elle me proposait de lire le livre qui lui avait servi d’étalon pour le réaliser : l’Equilibre du monde de Rohinton Mistry. Je vous en ai déjà parlé ici, je l’avais également mis dans ma liste de bonnes résolutions littéraires 2016. Hé bien les amis : défi relevé !

Il faut donc imaginer une gigantesque fresque qui raconterait à peu près 20 ans d’histoire indienne. Au début, tout se mélange : la poussière, les couleurs, les odeurs, les personnages. Puis, à y regarder de plus près, on distingue des détails : un village d’intouchables où un père cherche à tracer pour son fils une nouvelle destinée, une jeune femme de la ville qui, après avoir perdu son mari, confectionne des robes et les revend à une grande entreprise, un étudiant ayant quitté son village de montagne pour venir faire ses études en ville, des mendiants, des estropiés, des malchanceux, des laissés pour compte… Tous se retrouvent dans un même quartier au cœur de la ville et leurs destins s’entremêlent. C’est foisonnant et réaliste, drôle et tragique, c’est la cour des miracles, c’est romanesque à souhait, ça tient de l’épopée, de la satyre, c’est un peu Les Misérables et Oliver Twist.

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Bref, un véritable voyage littéraire, à mettre dans les mains des lecteurs qui aiment les couleurs vives et les aventures et qui veulent oublier leur routine dans un monde à part entière, à mettre dans les mains de celles et ceux qui aiment les romans, les vrais, ceux qui nous emmènent, qui nous chamboulent, qui mettent tout sens dessus dessous.

Alors, certes, c’est un voyage à 900 pages, mais l’Inde n’est pas la porte à côté, il faut quand même donner un peu de sa personne pour avoir droit au tour de manège !

roman-coloriage-parisroman-chat-tasse-yogitea-equilibre-mondeJ’ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé ou si vous songez maintenant à le mettre dans votre « pile à lire », voire dans votre valise de l’été.

Au plaisir de vous écrire et de vous lire les amis, lisez, lisez et relisez !

PS : et si vous n’êtes toujours pas convaincus, je vous promets que ce roman vous donnera a minima envie de vous faire un festin de cuisine indienne. J’ai personnellement testé très récemment les fameux chapatis, préparés avec grand soin par l’un des personnages du roman. Il va de soi que jamais je n’y aurais goûté si je n’avais pas lu l’Equilibre du monde, et ça c’est chouette, non ? +1 pour la littérature !

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3 réflexions sur “Le livre à lire quand on n’ose pas (encore) aller en Inde

  1. Livre magnifique..et pour continuer cette balade indienne, quelques livres que j’ai beaucoup aimés:  » Sept Mers et treize Rivières » de Monica Ali,  » Jour sde Pluie à Madrass » de Samina Ali,  » la Fille qui marchait sur l’Eau » de Siddhardt Dhanvant Shangvit, et  » le Palais des Miroirs  » Amitav Ghosh..et j’en passe…ma bibliothèque en reclèe bien d’autres…

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  2. C’est un superbe livre que j’avais lu sur place. Un livre qui me rendait mélancolique, au fur et à mesure que les personnages principaux auxquels on s’attache échouent dans leur tentative de s’opposer aux traditions du pays (intouchables, conditions des femmes…). Au final, ils n’auront été que quatre gouttes d’eau ayant troublé brièvement la surface lisse du monde indien qui a rapidement retrouvé son équilibre cruel.

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