Le roman à lire en dégustant un clafoutis aux fruits rouges

Tu sais c’que tout le monde aime ? Le clafoutis. T’as déjà rencontré quelqu’un à qui tu dis « fais péter le clafoutis » et qui t’dit « j’aime pas l’clafoutis » ? Le clafoutis c’est exquis ! »

L’Âne, Shrek (clique pour revoir la scène petit papillon !)

Autant parfois, je le concède, mes associations de livres et de produits sont un peu… capillotractées. Il ne s’agit souvent que d’un tout petit prétexte, plus ou moins bien trouvé, une récompense à votre bravoure de lecteur débutant ou confirmé.

Autant là, j’avais le livre et le produit et ça se goupillait bien. Mais voilà, il me fallait des cerises, un dimanche matin, fin septembre. Et autant on est capable d’envoyer une sonde à plusieurs milliards sur mars et lui demander de nous rapporter des fragments d’ADN de glaise hydraulique hypermétrope et de les analyser pour nous dire si, oui ou non, nous sommes seuls dans l’univers, autant quand on est dimanche matin, fin septembre, et qu’on cherche des cerises et que Picard n’est pas ouvert, on n’est franchement pas au bout de ses peines. Pas plus de cerises au Simply Market que de conscience écologique chez Volkswagen, et c’est tout mon plan qui capote. Alors ce sera fruits rouges, le clafoutis. Au final, ça ne change pas grand chose et ça reste joyeusement régressif ! Mais je parle trop, venons-en aux faits !

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Nous sommes en juillet 1961. Albert ouvre à peine l’œil qu’il en a déjà marre de cette vie dans laquelle il ne trouve plus sa place depuis longtemps. Il faudrait en finir mais il n’a pas encore trouvé le courage de le faire. Albert pense à sa femme, qu’il n’aime pas vraiment, et à son jeune fils, Gilles. Gilles est un littéraire. C’est fou, dans cette famille, qu’un littéraire ait pu faire irruption. Et pourtant c’est un fait il est là. Albert est terriblement angoissé à l’idée de n’avoir rien à apprendre ou à léguer à ce jeune fils passionné par la lecture de Balzac. Il va bien falloir trouver un moyen de l’aider, ce pauvre gamin. Albert a une idée, il se lève.

C’est une journée particulière pour la famille Chassaing, notamment pour Suzanne, la femme d’Albert. Suzanne mène une course effrénée à la modernité. Habitant dans un petit village de campagne, l’affaire peut paraître paradoxale. Mais Suzanne y tient : elle aura sa place dans la société de consommation des années 60 et elle n’attendra pas que les autres la lui prennent. Avec les économies d’Albert, ouvrier chez Michelin, elle a commandé une télévision, la première du village. Elle arrivera ce soir, et ainsi elle pourra voir son fils aîné, Henri, son préféré, son grand amour, son petit chéri, dans le reportage sur la guerre d’Algérie qui sera diffusé le soir même.

Mais c’est aussi un grand jour pour Gilles, le cadet. Pour la première fois, son père l’a appelé par son prénom. Ce père qu’il admirait jusqu’ici sans le savoir, il le découvre aujourd’hui tout entier. Gilles lit Balzac et cette lecture éclaire petit à petit les zones d’ombre de sa propre vie. Eugénie Grandet lui fait découvrir son père, sa mère, et puis le voisin de la maison, un ancien instituteur, à qui Albert a justement décidé ce matin de confier l’éducation littéraire de son jeune fils.

Enfin, c’est un grand jour pour Madeleine, la mère d’Albert, qui, sénile, va vivre avec son fils un grand moment d’intimité lorsque celui-ci va lui faire sa toilette, pour la première fois de sa vie.

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Jean-Luc Seigle parvient à faire tenir dans une seule journée le bilan de toute une vie, mais également toute la part immergée de l’héritage familial et toutes les ambiguïtés des relations qui se créent, se nouent, se dénouent et se perdent, entre les membres d’une même famille. Il fait s’exprimer Albert, le héros, avec une sensibilité déconcertante pour un fils de paysan de sa carrure et de sa force : un homme capable de scier un cerisier dans la fleur de l’âge, mais aussi un homme capable de s’émouvoir de manière bouleversante devant le corps nu de sa mère.

En vieillissant les hommes pleurent est aussi un très bel hommage d’un fils pour un père qu’il a peu connu et découvert uniquement après sa mort, grâce à la littérature, grâce à l’histoire et à la géographie. C’est aussi une ode à la littérature, cette magnifique musique qui nous en apprend parfois beaucoup plus sur la vie que la vie elle-même !

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Bonne semaine les amis, donnez-moi des nouvelles de vos lectures et surtout lisez, lisez et relisez !

PS : Je n’ai pas de recette personnelle de clafoutis, mais je vous recommande celle du dernier numéro de Vital Food, efficace, gourmande et pas trop sucrée !

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4 réflexions sur “Le roman à lire en dégustant un clafoutis aux fruits rouges

  1. Je note, je note bien que je ne sois pas une fan de clafoutis…C’est un livre dont j’ai entendu parler à propos duquel j’ai lu quelques articles..je dévore actuellement  » la Vérité sur l’ Affaire Harry Quebert »

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