Le roman poignant à lire avec un thé vert bio tout doux à la menthe

Amis lecteurs, amies lectrices, voilà des semaines que je cherche à vous parler de ce court roman de Brigitte Giraud sans savoir comment l’aborder sans vous faire fuir à grandes enjambées. La tâche serait nettement plus aisée s’il s’agissait de vous faire frémir d’impatience avec le deuxième opus de la trilogie Camille Verhoeven (le premier est juste ici !) ou de partager avec vous ma sélection (très personnelle) parmi les ouvrages de la rentrée littéraire (ça vient, ça vient, soyez patients !).

Mon problème du jour, chers amis ? Vous convaincre que c’est absolument nécessaire et très enrichissant pour vous de ressentir la tristesse inouïe racontée par Brigitte Giraud après la mort du compagnon de sa narratrice, survenue par accident, alors qu’elle était en déplacement professionnel.

a-present-brigitte-giraud-the-vert-bio

[ Silence gêné ]

OK, là, comme ça, vous me dites : écoute bibiche, regarde dehors, c’est l’apocalypse. Je viens de reprendre le boulot, tous les cons du métro sont revenus et pas plus tard que tout à l’heure j’ai marché dans une flaque avec mes ballerines Repetto jaunes, neuves, que j’ai achetées en me persuadant vaguement que ça allait mettre du soleil dans ma vie. Je suis déjà à deux doigts de tout plaquer pour élever des lamas dans le Larzac, sois gentille, laisse-moi émerger.

J’entends l’argument et j’étais à deux doigts d’abandonner quand j’ai trouvé le fil ténu sur lequel nous allons tirer ensemble pour dérouler cette jolie pelote d’émotions tissée par notre chère Brigitte Giraud. Je vais vous montrer qu’il faut lire A présent pour arrêter de penser « qu’ailleurs, qu’après, ce sera mieux », comme le dit si bien Alexandre Jollien, et commencer à apprécier la vie telle qu’elle est, c’est-à-dire totalement impermanente.

citation-frederic-yves-jeannet-charite

Ça semble ridicule de parler de bonheur une fois qu’il n’existe plus, d’accepter sa réalité après coup. Je découvre aujourd’hui que j’étais heureuse. Ça me donne le vertige. J’étais inquiète, angoissée, mais heureuse. Pourquoi on ne sait pas ces choses-là ? Pourquoi on ne les mesure pas ? Parce qu’on croit que le lendemain sera mieux, forcément, on attend mieux, on demande plus, on trouve que le présent est minable, comparé à ce qui va arriver. […] On a les yeux rivés sur l’avenir, on ne décroche pas de la ligne d’horizon. On attend d’être tranquille, apaisé enfin, on attend demain. A force d’attendre, on piétine chaque jour qui passe, on le vit comme un état provisoire, on ne s’installe pas vraiment. […] On ne veut pas savoir qu’on est heureux. On est superstitieux. Alors on est aveugle, on est distrait, on râle pour la forme, on se plaint, on est complaisant, on ne voit que ce qui ne va pas, on en fait une montagne, on se gâche la vie, on est contrarié. […] On n’a pas le moral, on n’a pas de chance. C’est ce que l’on croit. Mais en fait, tout au fond, bien enfoui au fond, on boit du petit-lait. Aujourd’hui qu’il n’y a plus rien, je sais, je peux dire comme c’était bien.

Brigitte Giraud, A présent, éditions Stock

the-vert-bio-menthe-destination-premium

La nouvelle tombe ainsi comme un couperet. La narratrice apprend, alors qu’elle est en déplacement à Paris, que son compagnon, Claude, vient d’avoir un accident de moto. Elle rentre, se précipite à l’hôpital, l’opération dure des heures, puis le médecin arrive et déclare « on n’a rien pu faire ». Brigitte Giraud raconte alors le choc, l’instinct de survie, l’organisation de l’enterrement, le souci du détail dans une vie qui ne semble plus avoir de sens, les proches qui se manifestent, et puis l’emménagement dans la nouvelle maison, trop grande maintenant. Finalement, connaît-on vraiment la personne avec qui on partage sa vie ? Sait-on ce qu’il/elle a pu penser juste avant de partir ?

Brigitte Giraud raconte l’ « avant » et l’ « à présent » et il y a quelque chose d’universel dans cette écriture sans pathos ni emphase. Je vous le disais déjà à propos de L’amour est très surestimé ou encore de Pas d’inquiétude : cette auteure sait définitivement trouver les mots justes et vous chuchoter à l’oreille des émotions que vous auriez sans doute vécues exactement de la même manière, ou du moins c’est ainsi que vous l’imaginez.

Si on s’arrête en route, on est foutu. Continuer d’avancer, même si on ne sait plus dans quelle direction. Demeurer dans le mouvement. Ne pas s’arrêter, jamais, pour ne pas pourrir. On appelle cela l’instinct de survie. D’un coup, l’instinct de survie vous tombe dessus. Oui, c’est bien lui. Il s’occupe de vous, il vous empêche de mourir. Il agit dans l’ombre, vous ne lui avez rien demandé. C’est automatique. Et pourtant vous ne voyez pas une raison de vous lever le matin. Vous vous levez quand même, vous enchaînez les minutes, votre seule ambition est d’arriver au soir. Et le soir, d’arriver au matin. Vous n’êtes plus qu’une unité de temps, obnubilée par l’action.

Brigitte Giraud, A présent (Le livre de poche, page 42)

tasse-ale-hop-nuage

a-present-giraud-poche-the-vert-menthe

the-vert-bio-menthe-destination-premium-2

Vous pourriez choisir de voir le verre à moitié vide et trouver que mon conseil est un peu abrupt pour un jour de pluie. Je vous propose donc de profiter des quelques enseignements livrés par Brigitte Giraud pour le voir à moitié plein et considérer cette lecture comme une invitation à s’ancrer pleinement dans la vie et dans l’ « à présent ». Alors, faisons de ce moment une expérience d’exception. La recette est assez simple :

  • un canapé bien moelleux,
  • une bouilloire,
  • une tasse et sa boule à thé,
  • un thé vert bio à la menthe de la marque Destination Premium, petite tuerie en vente, entre autres, chez BiocBon
  • et ZE ingrédient magique qui va tout chambouler dans vos papilles : la Volvic.

Question de minéraux, ou quelque chose dans ce goût-là, la Volvic va rehausser tous les arômes de votre thé et vous faire découvrir de nouvelles sensations ! Faites le test et dites m’en des nouvelles, l’essayer c’est l’adopter !

Vous avez maintenant tout l’attirail nécessaire pour cueillir l’instant, vous installer dans votre lecture et en savourer chaque mot. Profitez, et comme toujours : lisez, lisez et relisez !

Publicités

2 réflexions sur “Le roman poignant à lire avec un thé vert bio tout doux à la menthe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s