Les nouvelles à lire en mangeant des pancakes qui montent, qui montent

BOUM. Celle-là, vous ne l’aviez pas vu venir ! Comme ça, à brûle-pourpoint, de but en blanc, du tac au tac, vous n’auriez pas parié une cacahuète sur Papier Glacé aujourd’hui. En plus on n’est même pas jeudi, avec cette canicule elle perd la boule la nénette.

Pour ne rien vous cacher, nos rendez-vous livresques me manquaient et après m’être auto-flagellée chaque jour pendant une bonne semaine pour cette absence interminable et impardonnable, j’ai décidé de reprendre la plume, ou plutôt le clavier, et de vous raconter une nouvelle histoire. Ecoutez plutôt.

Septembre 2007. Je suis en hypokhâgne. Je viens de ramasser un 6 en philo – cette dissertation sur le devoir d’être soi-même était pourtant bigrement intéressante ! – et me dirige, à pas traînants, vers le cours d’anglais. Je sais déjà que ce grand dadais au cheveu rare va me bassiner, comme il le fait inlassablement depuis des mois, avec Salman Rushdie, Kazuo Ishiguro, Virginia Woolf et Raymond Carver.

A l’époque, Raymond Carver… connais pas et honnêtement ? RIEN A SECOUER. J’ai déjà lu toute La Recherche en une semaine le mois dernier, j’ai pas digéré la madeleine encore et l’overdose est complète. J’écoute distraitement sans percevoir le potentiel. Fin du premier chapitre.

Et puis il y a quelques mois, Birdman sort au cinéma. Le pitch en effraie plus d’un mais les critiques sont excellentes. C’est l’histoire d’un type, Michael Keaton, qui a joué un super héros à tête d’oiseau il y a des années, qui entend des voix et pense avoir des super pouvoirs, et qui, maintenant que sa carrière bat de l’aile – hé oui… BIRDMAN… ! –, décide de mettre en scène une nouvelle sous forme de pièce de théâtre. Et là je vous le donne en mille : la nouvelle c’est « What we talk about when we talk about love » et l’auteur, bingo, c’est Raymond Carver.

carver-love-pancakes

Après avoir vu ma vie défiler devant mes yeux jusqu’à retrouver cet instant où ce prof d’anglais au crâne clairsemé parle de Raymond Carver et dit, en substance, quelque chose comme : c’est absolument génial, piquée de curiosité, je file chez Gibert, trouve le recueil de nouvelles, l’achète, rentre, l’ouvre et là : damn, le bougre avait raison ! C’est vraiment digne d’être lu. (Il faudrait donc écouter les profs quand ils nous donnent des conseils ?)

What we talk about when we talk about love, ou Parlez-moi d’amour en français, est un recueil de nouvelles à base de couples déchirés, de maris et de femmes alcooliques, trompeurs, trompés, de pères et de fils à l’entente impossible. Bref, Raymond Carver dépeint l’Amérique des familles déchiquetées et des solitaires déglingués, semant ici et là les indices d’une humanité à la dérive.

17 nouvelles toutes plus étonnantes et déroutantes les unes que les autres sur l’amour sous toutes ses coutures. Qu’on se le dise, les adeptes des rebondissements en tous genres ne seront pas servis aujourd’hui. Parler d’amour, oui, mais donner la recette du bonheur, non ! Il ne se passe pas grand chose dans cette Amérique profonde et moderne. Alors pourquoi s’y frotter ?

talk-about-love-carver-brunch

Pour cette écriture pardi ! Cette capacité impressionnante à dire exactement ce qu’on aurait dit à la place de l’auteur, à utiliser très précisément ce mot, cette tournure, cette expression, qui nous rendent les personnages tout à fait palpables, et les situations tout à fait réelles. On est à 300 % dans le réel, dans l’authenticité, dans cette vie de banlieue amorphe, monotone, banale. Ces personnages sont tous en quête de quelque chose, mais en quête de quoi ? Une lueur de bonheur, d’amour inconditionnel, peut-être un simple quart d’heure de divertissement.

Et le charme opère ! Grâce à cette écriture posée, juste, sans fioriture, presque orale mais sans y mettre les deux pieds non plus, qui pose des faits, des sentiments, mais jamais de jugement.

A lire en anglais,  pour celles et ceux qui le peuvent, car je ne saurais m’engager sur la qualité de la traduction française. Et on n’oublie pas le ravitaillement, pour se mettre en condition ! Mon conseil ? Une volée de pancakes qui montent, qui montent !

carver-pancakes-love

En matière de pancakes, chacun ses secrets et ses astuces pour qu’ils soient à la fois légers, moelleux, gourmands… J’ai choisi d’adapter une recette piquée sur le blog www.lathaiquiriz.com et d’adapter un peu les ingrédients. J’ai donc remplacé les 250 g de farine par 125 g de farine de châtaigne et 125 g de farine de blé, ainsi que les 60 g de sucre en poudre par 60 g de sucre de canne complet, meilleur pour la santé !

Pour le reste, si vous avez de quoi battre vos blancs en neige, cette recette devrait vous séduire ! Sinon partagez vos astuces pour des pancakes du tonnerre, et puis donnez-moi des nouvelles de vos lectures du moment !

recette-pancakes-fluffy

Bonne semaine les amis ! Lisez, lisez et relisez !

Publicités

2 réflexions sur “Les nouvelles à lire en mangeant des pancakes qui montent, qui montent

  1. Je prends tout: la recette des pancakes avec la farine de châtaigne et le roman sur l’amour… mais je vais le chercher en Français pour être sûre de ne rien rater. Pour mes lectures du moment: un livre de Tanguy Marie Pouliquen dans lequel on apprend que le paradis c’est l’autre en opposition complète avec le mot de Sartre et que la réalisation de soi passe par les autres (très utile et constructif). Et un roman de cape et d’épée tout simplement pour me divertir et revoir un peu d’histoire de.Juliette Benzoni. Merci Papier Glacé de communiquer si généreusement au sujet de tes lectures et tes recettes en donnant envie de lire.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s