J’ai testé pour vous : Modiano et les boulettes de poulet au citron

Amies lectrices, amis lecteurs, c’est la tête haute et le regard fier que je vous annonce solennellement, en ce jeudi tout de soleil vêtu, que j’ai testé pour vous le voyage dans le temps. Oui, oui, vous avez bien entendu. J’ai remonté le temps, pas plus tard qu’il y a quelques semaines, comme ça un soir, alors que j’étais bien installée dans mon canapé, pilou sur les jambes et minette ronronnante me diffusant sa chaleur douillette à quelques centimètres seulement. Et parce que je suis (vraiment !) sympa, je vais même partager l’astuce avec vous…

1/ Configurer la machine à remonter le temps

Notre petite expérience du jour nécessite un canapé bien moelleux, un pilou tout doux, une lumière à la fois douce et chaleureuse et le dernier roman de Patrick Modiano : Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier.

modiano-prix-nobel-littérature

2/ Entreprendre le voyage

Celles et ceux qui connaissent Patrick Modiano feront vite le lien. Notre Prix Nobel de littérature a en effet quelques marottes littéraires : les thèmes de l’absence, de l’enfance trop vite passée, la quête de l’identité, … Et le dernier roman de l’auteur n’échappe pas à la règle.

Jean Daragane est devenu un être solitaire. Cet été, reclu dans son bureau, il ne sort qu’à la nuit tombée, lorsqu’il fait moins chaud. Voilà longtemps qu’il ne répond plus au téléphone. D’ailleurs personne ne l’appelle. Mais aujourd’hui le téléphone sonne, insiste et trouble le silence de cette chaude après-midi. Daragane finit par décrocher. Un certain Gilles Ottolini veut le voir. Il a retrouvé le carnet d’adresses de Daragane et souhaiterait le lui rendre. Soit. Daragane accepte et les deux hommes se rencontrent dans un café. Daragane n’a pas la conversation facile, il a perdu l’habitude, il voudrait se lever et partir sans rien dire, laissant seuls Ottolini et sa compagne, un certaine Chantal Grippay. Mais il reste et Ottolini le questionne : « ce Torstel de votre carnet d’adresses, qui est-ce ? ». Daragane ne sait plus, quelle chaleur dans ce café, et cet Ottolini a une voix de maître-chanteur, il faudrait partir, tout de suite, quitter ces gens…

C’est là que la piqûre d’insecte survient. Légère, d’abord, plus insistante ensuite. La piqûre du souvenir. Torstel… Daragane plonge alors dans les tiroirs (sans fond) de sa mémoire, il déroule la pelote du souvenir et erre d’un souvenir d’enfance à un autre jusqu’à retrouver Torstel et les autres, dans cette maison de Saint-Leu-la-forêt.

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Certains y verront un Modiano époustouflant, toujours dans sa quête du souvenir, toujours plongé dans une amnésie plus ou moins volontaire. D’autres n’y verront que les méandres de la mémoire défaillante d’un vieil homme. C’est en tout cas du pur style Modiano. Il faut, je crois, pour apprécier, accepter de se faire balader d’un souvenir à un autre, accepter de lâcher prise, d’explorer ces mystères qui ne seront jamais complètement levés, ces courants d’air qui ouvrent et ferment les portes de la mémoire. Accepter de plonger au cœur des obsessions de l’auteur, accepter l’inconfort de lecteur, la frustration des non-dits.

On lira Modiano par envie, par curiosité, par amour de son style, ou « juste pour voir » ce que donne le dernier roman du fameux Prix Nobel. On voyagera quoi qu’il en soit, dans un monde où les questions posées par l’auteur ne trouvent pas forcément de réponses, où les souvenirs restent flous, où les absents restent absents. Comme le dit très justement Christophe Bigot, dans sa critique pour l’OBS : « Comme d’habitude, Modiano se soucie peu de résoudre les énigmes qu’il met subrepticement en place. Ses lecteurs ont pris eux aussi l’habitude de préférer l’ombre à l’objet qui la cause. »

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3/ Reprendre des forces après un voyage dans le temps

Tutututut. Ne partez pas comme ça ! Qui dit voyage dans le temps dit épuisement des ressources et fringale à coup sûr ! Vous êtes un voyageur expérimenté, on ne vous laisse pas mourir de faim comme ça, vous !

J’ai donc testé pour vous une recette toute simple mais très très gourmande piquée sur le site Marmiton : la recette des boulettes de poulet au citron. Je n’ai rien à ajouter, si ce n’est qu’à la hâte, j’ai mis dans ma propre recette tout le zeste du citron dans les boulettes, et uniquement le jus d’un demi citron dans la sauce au yaourt, et que le tout était absolument DE-LI-CIEUX. Celles et ceux qui me connaissent accueilleront d’ailleurs avec émotion la nouvelle du baptême du hachoir de mon Kenwood flambant neuf !

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Allez, régalez-vous chers amis, et donnez-moi des nouvelles de vos lectures ! A la semaine prochaine !

 

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5 réflexions sur “J’ai testé pour vous : Modiano et les boulettes de poulet au citron

  1. ça a l’air tout simplement délicieux…
    Moi j’ai commencé le Chardonneret, de Donna Tartt, extrêmement poignant dès les premières pages…

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  2. Je n’ai pas lu le dernier Modiano, mais là vous me donnez envie…envie de boulettes aussi d’ailleurs…en ce moment je suis plongée dans un livre d’Elisabeth Bowen, auteur un peu démodée, mais subtile…et  » le Chardonneret » est en réserve sur le haut de ma pile

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    1. Et moi je me suis lancée dans la lecture des Rougon Macquart de Zola… Pas évident évident ! J’ai commencé par la Fortune des Rougon. Je progresse doucement mais sûrement.
      J’espère que vous allez bien ! Bonne lecture !

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