Le roman douloureux à lire avec une part de réconfort

Tout est parti d’une histoire vraie. On imagine Brigitte Giraud, un soir de mars 2010, écouter distraitement le journal télévisé et apprendre qu’un salarié de chez Badoit vient de se voir offrir 170 jours de RTT par ses collègues afin de lui permettre de rester chez lui s’occuper de son fils de onze ans, gravement malade. Le « fait divers » aurait pu s’arrêter là, geste d’une générosité exemplaire. C’était sans compter sur la plume délicate et douloureuse de Brigitte Giraud qui choisit de raconter l’indicible et la distance qui s’établit entre les corps dans un roman plein de justesse : Pas d’inquiétude.

brigitte-giraud-pas-inquietude-stock

Alors qu’ils viennent d’emménager dans un pavillon fraîchement construit, où toutes les finitions restent à faire mais où le narrateur est persuadé qu’une nouvelle vie s’offre à lui, à sa femme et à leurs deux enfants, la nouvelle tombe, inéluctable.

Mehdi est tombé malade quand nous avons emménagé dans la nouvelle maison. C’est moi qui avais relevé la boîte aux lettres ce jour-là, c’était un samedi matin. J’avais entre les mains l’enveloppe blanche petit format qui contenait des résultats d’analyses que nous ne saurions pas interpréter et qui allaient changer notre vie.

Pas d’inquiétude, Brigitte Giraud, Stock

Tout est posé, en quelques lignes. Un hôte invisible s’est invité dans cette famille, hôte gênant, indésirable, hôte anonyme et pourtant terriblement présent qui s’immisce entre les corps, éloigne les uns des autres, rompt les habitudes, brise la normalité des jours et des rapports. Le narrateur, le père de Mehdi, voit tout à coup son rôle de guide, de fondation solide de la famille, prendre tout son sens. Sa femme nouvellement embauchée continuera à travailler. C’est lui qui s’occupera de Mehdi à la maison.

Et le narrateur raconte. Le temps qui se tord, qui s’allonge, les journées qui passent sans accomplissement aucun, sans repères, avec toujours cette culpabilité de faire bon usage des secondes, des minutes, des heures offertes par ses collègues, pour prendre soin de son fils. Il raconte l’équilibre d’une famille qui peu à peu se perd, la culpabilité des uns, la négligence des autres, le manque d’écoute et d’attention. L’atmosphère devient irrespirable, la maladie se fait de plus en plus présente, elle est ici, là, partout, dans les mauvaises herbes qui poussent dans ce jardin abandonné depuis que la nouvelle est tombée, dans les plinthes qu’il faudrait poser dans le salon, la peinture qu’il faudrait faire.

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Brigitte Giraud explore le cours rompu d’une vie de famille. Jamais elle ne nomme cette maladie qui détruit peu à peu le petit Mehdi et en cela elle raconte on ne peut plus fidèlement et justement l’incompréhension, l’inquiétude d’un avenir incertain, un couple désemparé qui ne sait plus comment trouver un équilibre dans ce désordre. La lenteur des jours qui passe se ressent physiquement à la lecture, les secondes qui s’égrènent et la vie suspendue, sur un fil, attendant le verdict final.

Brigitte Giraud, c’est toujours un mélange de finesse, de tristesse, de délicatesse, de justesse. Une lecture dont on ne ressort sans doute pas indemne mais grandi comme si l’on avait soi-même vécu quelque chose de très fort, de très poignant.

Alors bien sûr, il faudra peut-être s’armer d’un peu de courage pour aborder ce roman douloureux. Le carrot cake a été inventé pour ça.

Ici, pas de magie, la recette sort tout droit de La Minute Papillon, qui fait des merveilles avec nos papilles dans une ambiance healthy. Un carrot cake sans œufs, sans beurre et si besoin sans gluten, tout en rondeur et en épices, à la fois suave et piquant, agrémenté d’un nappage noix de cajou qui rend le tout très, très gourmand. Ne cherchez plus, la recette est juste ici.

carrot-cake-minute-papillon

Lisez. Savourez. Relisez. Et revenez la semaine prochaine !

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2 réflexions sur “Le roman douloureux à lire avec une part de réconfort

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