Le verre de vin rouge qui casse des briquettes à savourer avec un monument d’amour maternel signé Romain Gary

Amies lectrices, amis lecteurs, la blogosphère est en crise. 19h et toujours aucun article en vue sur le blog de Papier Glacé. Après 19 semaines passées à institutionnaliser un rendez-vous, littéraire toujours, gourmand souvent, c’est la chute ! 19h30, toujours rien. Mais qu’est-ce qu’elle fout Germaine, elle le sort son article ?! N’allez pourtant pas croire que je me sois tourné les pouces ! En l’espace de quelques heures cet après-midi j’ai réanimé une boîte mail et accompagné un vieil ordinateur dans ses derniers instants.

Mais revenons à nos moutons. Cet article ne sortant pas, de la rage vous êtes passés au désespoir, puis vous vous êtes frotté les mains, pensant que vous alliez vous en tirer à bon compte et remettre votre session lecture à plus tard…

N’y pensez même pas ! Vous allez lire, lire et relire et boire, boire, et reboire en même temps ! Avec une petite nouveauté cette semaine : j’ai beau avoir beaucoup, beaucoup d’admiration pour Romain Gary, aujourd’hui c’est peut-être d’abord le verre de vin que vous allez savourer, parce que là, les amis, le tuyau que je vous file : c’est du très lourd.

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Il était une fois 40 hectares de vignes du Château Figeac, dans l’ouest de l’AOC Saint-Emilion, en bordure de Pomerol. Trois collines de graves güntziennes plus tard (moi non plus, je ne sais pas ce que ça veut dire…), naissait un premier grand cru classé.

Élégance, harmonie, complexité, équilibre, une robe digne des plus grands couturiers, une bouche digne des plus grandes actrices hollywoodiennes, un nez plus joli que celui de Cléopatre, … N’ayons pas peur des mots : le Château Figeac 2005 claque des grosses briquettes, envoie de la buchette et cloue des bichons au mur.

Forcément, il va falloir y mettre le prix. A 150 € la bouteille, vous n’en ferez pas une sangria, mais après tout, c’est bientôt Noël…

Vous remarquerez sans doute le ton un peu expéditif. C’est qu’il est déjà 20h, et que le livre du jour, vous ne l’avez toujours pas ! Enfin… si, bien sûr, je vous en avais déjà touché quelques mots il y a deux semaines…

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Parce que Romain Gary, c’est déjà quelque chose mais que La Promesse de l’aube, ça relève carrément du monument littéraire. Une autobiographie maquillée en roman, ou un roman maquillé en autobiographie ? Allez savoir.

Roman, né en Lituanie, est le fils unique, adoré, adulé d’une mère qui l’élève seule, dans l’idée qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour faire de son petit Roman un Français, d’abord, puis un héros.

Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !

La Promesse de l’aube, Romain Gary

Cette femme aimante, excessive, forte, va tout entreprendre pour que son fils ait le destin mythique et héroïque qu’il mérite. Romain Gary raconte ainsi sa vie, sous l’éclairage de cet amour démesuré, sublime, gênant parfois, et accomplit, petit à petit, le destin auquel sa mère le prédestinait tout jeune.

Romain Gary fait en effet la guerre, il est décoré, appelé à des fonctions diplomatiques. Lorsqu’il meurt, à 66 ans, il a deux Goncourt, dont un publié sous le pseudonyme d’Emile Ajar, il est Compagnon de la libération, diplomate, Commandeur de la légion d’honneur…

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La Promesse de l’aube est un vibrant hommage que Romain Gary rend à sa maman, dont tous les rêves de carrière pour son fils unique et adoré vont finir par se réaliser.

C’est aussi une formidable percée au cœur de l’histoire des aviateurs de la guerre de 1940-1945. Une écriture magnifique, un écrivain monumental. Il fallait bien un verre de Château Figeac pour savourer cette oeuvre-là.

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 Merci à Léa et Clément, sans qui cette bouteille ne trônerait pas dans notre salon aujourd’hui ! 

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2 réflexions sur “Le verre de vin rouge qui casse des briquettes à savourer avec un monument d’amour maternel signé Romain Gary

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